  La Nuit rwandaise. L'implication française dans le dernier génocide du siècle. Éd. 2004!| Auteur | : | Jean-Paul Gouteux | | Date parution | : | | | Collection | : | | | Format | : | 140 x 220 mm | | isbn | : | 2-910019-75-6 | Prix: 30,00 €Pour la première fois, quelqu'un aura pris la peine de constituer le dossier complet de l'écrasante responsabilité française dans le génocide rwandais qui en 1994 coûta la vie à un bon million de personnes. La question n'avait jusqu'ici été que partiellement abordée, les enquêteurs s'étant systématiquement heurtés aux mensonges officiels, généreusement reproduits dans les médias. À l'heure où, par l'entremise de ses agents habituels (Pierre Péan, Karl Zéro) l'État tente encore d'imposer une version “définitive” de son propre rôle – ce qui, en soi, est déjà suspect – un tour complet de la question est ici imparablement réalisé par Jean-Paul Gouteux, spécialiste du dossier, déjà auteur de plusieurs ouvrages sur le même thème.
La nuit est tombée le 7 avril 1994 au Rwanda, après cette opération Amaryllis pendant laquelle les légionnaires et les paras français se déplaçaient, indifférents ou convenus, au milieu de ce bain de sang, salués par les militaires et les miliciens qu'ils avaient formés. Des « comités d'autodéfenses populaires » dont ils avaient eu l'idée et qui se livraient en toute impudeur, sous leurs yeux, à l'extermination des civils. Le génocide rwandais, avec ses horreurs indicibles, avec le traumatisme des survivants, est un terrain fertile pour le négationnisme et le révisionnisme qui implique la complicité pesante et insistante du « Pays des droits de l'Homme ». L'extrême cruauté qui le caractérise en fait un élément puissant de sa négation, car elle est indicible et de toute façon inaudible, incroyable. Les révélations de la presse et les émissions radiotélévisées qui ont suivi ont laissé des traces. Il reste, à côté de la bonne conscience affichée, l'empreinte des révélations douloureuses qui ont, un moment, interpellé l'opinion. Il reste le souvenir d'avoir lu quelque part que les soldats français contrôlaient l'ethnie des Rwandais dans un pays qui allait commettre un génocide. Ou encore, la réminiscence d'une coopération militaire qui aurait entraîné les forces du génocide. L'idée que des Français auraient laissé celui-ci s'accomplir, qu'ils auraient aidé les responsables à se mettre en lieux sûrs, à échapper à la justice. Des traces, rien que des traces dans le subconscient de la majorité des Français, des stigmates de culpabilité. Il est temps de les faire remonter à la surface. Pour les guérir. C'est ce que fait ce livre qui constituera une mise au point sur l'implication française dans le génocide des Tutsis par le texte et par l'image. Plus de deux cents documents visuel, 480 pages de textes, après la langue de bois de la mission Quilès, le «parler vrai» que tout le monde attendait.
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