  Prisons de femmes en Europe | Auteur | : | Elke Albrecht et Véronique Guyard | | Date parution | : | | | Collection | : | | | Format | : | 140 x 220 mm | | isbn | : | 2-910019-70-5 | Prix: 16,77 €Ce texte est le rapport d'observation des conditions de détention des femmes en Europe établi pour l'Observatoire international des prisons (OIP) par Elke Albrecht et Clémentine Guyard. De l'Allemagne à la Turquie, les auteurs visitent seize pays de fond en comble: cadre législatif général, principales causes d'emprisonnement, recensement des violences physiques et sexuelles, état des installations pénitentiaires, infrastructures médicales, grosseses et accouchements, visites, formation, travail, aménagement des peines, aucun aspect de cet accablant dossier n'est ignoré. Une Europe dans l'Europe.
Des femmes en détention sont torturées en Turquie mais aussi en Espagne, où les militantes basques sont par ailleurs dispersées sur tout le territoire aux dépens du maintien des liens familiaux ; les prisonnières italiennes gagnent en moyenne le tiers du salaire des détenus hommes ; des femmes s'auto mutilent couramment dans les prisons du Royaume-Uni, où certaines ont été incitées à avorter ; des centaines de détenues russes succombent à la sévérité des conditions de détention. En France, on relève entre autres des défaillances du suivi médical et de la prévention du suicide - y compris pour les nombreuses détenues toxicomanes ou malades -, des cas de viols en garde-à-vue ou en rétention, ou encore des cas de détenues qui accouchent menottées. Des femmes sont également parfois maintenues en cellule 23 heures sur 24, avec pour seules activités proposées le crochet, le repassage ou le tricot...
Cet ouvrage livre les résultats, souvent accablants, d'une enquête minutieuse qu'ont menée Elke Albrecht et Véronique Guyard sur les conditions de la détention féminine dans seize pays d'Europe dits "développés", de l'Allemagne à la Turquie. Sur la base d'informations collectées de 1996 à 1999 pour l'Observatoire international des prisons (OIP), elles dressent un état des lieux très précis de ce qui constitue la vie des femmes dans les établissements pénitentiaires de ces pays. Nombre et répartition des détenues entre établissements mixtes et structures spécialement féminines, recensement des décès, des violences et des mauvais traitements, régimes de détention des étrangères en situation irrégulière, état des cellules et des infrastructures médicales, dispositions face aux cas de maternité, mais aussi accès aux formations ou aux activités rémunérées : la révélation même des conditions de détention des femmes revient, dans la plupart des cas, à dénoncer les multiples discriminations et abus dont elles font l'objet. Leur sort en prison diffère de celui des hommes dans la mesure où c'est leur condition naturelle de femme même qui, le plus souvent, n'est pas reconnue : elle est soit niée, soit source de sexisme. Cela ne signifie pas que la vie des détenus masculins soit forcément plus enviable. Simplement qu'aucune personne condamnée à l'emprisonnement ne devrait avoir à subir plus que la privation de sa liberté là où elle purge sa peine.
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